
La direction de France télévisions est une adepte du zigzag. D’une séance de négociation à l’autre, le texte proposé change sur des points qui n’ont pas été abordés. Les réunions des dernières semaines ont été axées :
- sur les notions de choix et de réversibilité entre décompte en jours et décompte en heures
- sur les bornes horaires à l’amplitude quotidienne d’une journée de travail
- sur les modalités de décompte des heures de travail effectuées
- sur les mécanismes de récupération des dépassements constatés
La nouvelle version du projet de la direction (V8) communiquée mardi soir aux organisations syndicales, ne répond que partiellement aux questions posées par le SNJ et les autres syndicats.
L’amplitude horaire maximum proposée demeure à 11h quotidienne alors que pour le SNJ une journée type doit être de 8h de travail sur une amplitude de 10h dans l’hypothèse de pauses et repas.
L’option « décompte en heures » revient à organiser le temps de travail des journalistes sur 35h hebdomadaires sans RTT… L’intention est sans doute de rendre la formule peu attractive. Elle risque au passage de déboucher sur des rédactions à 2 vitesses avec des journalistes planifiés sur des journées de 7heures, qui ne leur permettront pas de participer à la conférence de rédaction et de rester jusqu’à la diffusion des éditions d’information.
La réversibilité entre « forfait jour » et « système horaire » demeure très floue. La direction propose désormais une possibilité de revenir au « décompte en heures » tous les deux ans. Les syndicats réclament que ce choix soit ouvert aux salariés chaque année.
Ajoutez à tous ces désaccords une indemnité forfaitaire de 3 petits % pour solde de tous comptes, y compris les heures de nuit et le travail du weekend. Et vous obtenez un dossier qui est loin d’être clos.
Toujours rien par ailleurs pour l’organisation du travail sur 4 jours, les équipes du weekend, les matinaliers notamment en radio et les missions de reportage de longue durée.
La mauvaise surprise de la nuit porte sur la soudaine remise en cause des 2 jours de repos hebdomadaires, de la 6ème semaine de congés pour 8 ans d’ancienneté et des 15 jours de congés divers en lieu et place des jours fériés !!!!
Autant de remises en cause de dispositions du code du travail, de la CCNTJ et de son Avenant qui ne figuraient pas dans les versions 1 à 7 !
Le capitaine du paquebot France Télévisions a-t-il voulu adresser un amical salut à la tutelle le jour du sommet social ? Il court le risque d’échouer le navire et de bloquer la négociation.
Le SNJ attend désormais une V9 qui ne plombera pas les débats.
Paris, le 19 janvier 2012
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